Articles

Le neuromarketing, c’est quoi ?

Il ne suffit malheureusement pas de proposer un bon produit ou un bon service pour qu’il se vende. La raison à cela tient principalement à notre cerveau. Aussi fonctionnel qu’il puisse être, notre cerveau n’en est pas toujours pour autant rationnel !

 

 

The english version of this

article can be found here!

 

Notre cerveau utilise des règles précises pour collecter l’information, la traiter et prendre des décisions en conséquence. Le neuromarketing consiste ainsi à prendre en compte le fonctionnement psychologique de notre cerveau et de ces règles de décisions afin de rendre l’expérience des consommateurs optimale et de favoriser l’achat des produits et services que vous souhaitez vendre en priorité, par exemple ceux sur lesquels la marge réalisée est importante.

 

Le neuromarketing n’a rien de magique ! Ses techniques sont le résultat d’études scientifiques de psychologie rigoureuses, dont l’efficacité démontrée est appliquée aux stratégies de ventes. Le neuromarketing vous permet ainsi d’augmenter de manière fiable et efficace la fidélité et la satisfaction de vos clients, vos ventes et vos marges.

 

DES EXEMPLES…

 

  • L’un des exemples les plus connus de technique neuromarketing est la terminaison des prix en 9. Il est couramment admis qu’un produit affiché à 49 euros paraîtra beaucoup moins cher aux yeux du consommateur et générera plus de ventes que le même produit affiché à 50 euros. C’est vrai, mais pas dans tous les cas ! Il a par exemple été montré que des produits dont le prix se terminait en 0, comme 50 euros, étaient perçus comme de meilleure qualité par le consommateur. Tout dépend ainsi du contexte : une technique qui sera efficace pour booster les ventes dans un point de vente ne le sera peut-être pas dans un autre. C’est le travail du professionnel du neuromarketing de savoir ajuster ces techniques de manière subtile, réfléchie, et individualisée en fonction de vos attentes et de la particularité de votre business.

 

  • Une autre application du neuromarketing consiste à prendre en compte la manière dont notre cerveau fait des choix. Nous comparons rarement différentes options de manière absolue, mais plutôt de manière relative (un autre exemple appliqué ici). Par exemple, une paire de chaussures à 40 euros nous paraîtra une meilleure affaire si elle est comparée à une paire similaire à 50 euros que si elle est comparée à une troisième paire à 30 euros ou si elle est présentée seule. Ces effets peuvent être utilisés en point de vente afin de mettre en avant des produits dont on souhaite favoriser la vente.

 

Un exemple d’application de neuromarketing et de psychologie du consommateur au packaging

 

  • Une autre technique liée au pricing consiste à diviser le coût d’un service pour fidéliser les clients. Il a par exemple été montré que les personnes payant un abonnement mensuel à une salle de sport s’entraînaient fréquemment. À l’inverse, si l’abonnement est payé en une seule fois en début de saison, les mêmes sportifs seront moins assidus à la salle, entraînant une diminution de la fidélité, mais aussi de la consommation potentielle de produits connexes tels que la nourriture, les boissons ou le matériel proposé à la salle.

 

 

« Le neuromarketing est un levier d’optimisation de votre marketing et de vos ventes simple à mettre en place et fiable »

 

 

Encore une fois, ce qui est vrai dans une situation ne l’est pas forcément dans une autre. L’acte d’achat est en lui-même psychologiquement « douloureux » pour le consommateur. Il peut ainsi être préférable, à dépense constante, de réduire le nombre des actes d’achat. Un assureur peut par exemple privilégier une assurance intégrant un ensemble d’options à un prix unique plutôt que de proposer aux clients chaque option séparément à un prix défini.

 

Le neuromarketing est ainsi un levier d’optimisation de votre marketing et de vos ventes simple à mettre en place et fiable. Son utilisation doit être considérée dans un effort global d’amélioration de vos process. Bien maîtrisées, ses techniques peuvent fournir un formidable boost pour la satisfaction de vos clients et vos ventes, ainsi qu’un avantage compétitif certain en améliorant vos bénéfices.

 

 

————————————–

À PROPOS DE L’AUTEUR :

 

Dr. Morgan DAVID   

Ancien chercheur et spécialiste des sciences comportementales, Morgan DAVID a fondé et dirige le cabinet ANALYTICA en France et au Royaume-Uni. ANALYTICA propose de rendre le savoir et les techniques liées au sciences comportementales accessibles pour répondre aux problématiques concrètes des entreprises et organisations. ANALYTICA utilise la manière dont fonctionne notre cerveau afin de proposer de meilleurs produits et services dans différents domaines tels que le marketing, les ventes, la santé, le management, l’innovation publique, etc…

 

 

Formation « Améliorez l’efficacité de vos entretiens commerciaux » à Dijon

 

Le Cabinet Analytica vous propose une formation afin d’améliorer l’efficacité de vos entretiens commerciaux téléphoniques et physiques le lundi 23 avril 2018 à l’espace de co-working Quatre-Quarts à Dijon (21). Au menu : expression orale, langage, communication, marketing, ateliers etc…

Indiquez votre intérêt pour cet évènement sur la page facebook dédiée !

 

 

OBJECTIFS :

  • Apprenez comment préparer, conduire et conclure un entretien commercial téléphonique & physique
  • Utilisez les nombreux leviers logiques et langagiers
  • Maîtrisez votre image, votre expression orale et votre communication verbale et non-verbale
  • Évitez les erreurs qui décrédibilisent
  • Testez et comparez vos habitudes actuelles avec les éléments appris lors d’ateliers de mise en pratique

 

PUBLIC :

  • Entrepreneurs
  • Créateurs d’entreprise
  • Futurs créateurs
  • Commerciaux
  • Managers

 

DATE, LIEU & TARIF :

  • le lundi 23 avril 2018, de 14 à 17h à l’espace de co-working Quatre-Quarts à Dijon (21)
  • 59 euros (non-assujettis TVA)

 

INFOS & INSCRIPTIONS :

 

 

 

Quelles applications concrètes pour les sciences comportementales en 2018 ?

 

Avec le prix Nobel d’économie 2017 décerné à un économiste du comportement, c’est à un véritable engouement pour les sciences comportementales auquel se prépare cette année 2018. Nudges, neuromarketing, psychologie sociale, petit tour d’horizon de ces approches devenant incontournables, et de leur application pour les entreprises éclairées.

 

Vouloir agir sur les comportements sans connaître les règles de décision utilisées par le cerveau, c’est un peu comme naviguer à vue… On est moins efficace qu’avec une boussole et des connaissances de navigation. Par leur fiabilité et leur efficacité éprouvée, les sciences comportementales sont ainsi toutes désignées pour fournir des solutions afin d’agir sur les comportements.

 

Les activités de coaching, psychothérapie ou psychanalyse ne seront pas évoquées ici car elles ne rentrent tout simplement pas dans ce cadre de vérification systématique et objectif des techniques employées. Au contraire, les sciences comportementales proposent d’utiliser les connaissances éprouvées sur le fonctionnement de notre cerveau afin d’élaborer des solutions concrètes à des problématiques diverses.

 

Pour ce post qui se veut résolument introductif, j’ai voulu identifier les domaines principaux auxquels les sciences comportementales apportent une innovation certaine et un angle stratégique original. Pour chacun d’entre eux j’explique brièvement en quoi consistent leur application, leur originalité et les résultats attendus.

 

 

MARKETING

 

Marketing sensoriel, psychologie du consommateur, l’utilité des sciences comportementales est communément envisagée dans un contexte marketing. Et à raison, la manière dont notre cerveau collecte, traite et utilise l’information va avoir une influence déterminante sur nos choix de consommateurs. Savez-vous par exemple que le nom de la prochaine marque de chips Modari sonnera plus positivement aux oreilles d’un acheteur que si elles s’étaient appelées Ridamo ? ou encore que les clients d’un supermarché se déclareront plus satisfaits s’ils trouvent leur produit préféré en bout de rayon qu’en plein milieu ?

 

 

Les règles de décision utilisées par les consommateurs lors de leurs choix de produits peuvent ainsi être prises en compte afin de guider l’achat. Optimiser l’expérience des consommateurs en améliorant leur satisfaction tout en augmentant les ventes représente un levier de développement puissant. Des grosses enseignes internationales, tel McDonalds, en ont ainsi fait leur priorité numéro 1 en basant leur développement marketing sur les sciences comportementales.

 

 

RESSOURCES HUMAINES & MANAGEMENT

 

Conduite du changement, transformation des pratiques, gestion des ressources humaines…, ces termes en vogue vous sont certainement familiers. Ils impliquent tous à un moment ou à un autre des actions destinées à agir sur les comportements. Bonne nouvelle, on sait comment faire cela efficacement. Que l’entreprise ciblée souhaite améliorer l’adhésion des employés à ses projets, augmenter leur engagement ou gérer les problèmes interpersonnels, les spécialistes de psychologie sociale et de psychologie des organisations ont développé des solutions principalement basées sur une communication optimisée. Le domaine du recrutement innove également en appliquant les leçons des sciences comportementales. Exemple : vous pensez que la personnalité d’un candidat est à prendre en compte lors d’un recrutement ? Vous avez raison ! Et vous pensez que la personnalité est aisément mesurable avant l’embauche ? Très probablement non ! Par contre d’autres tests plus fiables et plus prédictifs des performances individuelles que la personnalité sont disponibles !

 

 

SANTÉ

 

Les sciences comportementales ont un rôle crucial à jouer dans les problématiques de santé publique. La prévention est ainsi certainement leur plus gros chantier. S’il est communément observé que les actions de prévention sont pour la plupart inefficaces, la psychologie sociale apporte un bagage théorique et pratique éprouvé permettant d’en améliorer l’impact. Par exemple, les sessions de formation/prévention où l’on répète aux employés l’importance de porter leurs équipements de protection pour éviter les blessures sont souvent perçus comme une perte de temps, à la fois par les employés et par les employeurs. À cela, la psychologie sociale répondra par des interventions individuelles ou collectives permettant d’actionner des leviers psychologiques destinés à susciter un engagement responsable dans une démarche sécuritaire. Agir sur la conscience du risque c’est bien, agir directement sur les comportements, c’est mieux !

 

 

Si la prévention reste la cible numéro 1 des sciences comportementales dans le domaine de la santé, on peut aussi citer leur efficacité pour l’observance thérapeutique (faire en sorte que les patients suivent leur traitement), la promotion de l’activité physique ou la promotion d’une alimentation saine et équilibrée. Dans ces domaines, on ne compte plus les études scientifiques démontrant l’efficacité d’interventions comportementales bien conçues.

 

 

INNOVATION PUBLIQUE

 

Pour terminer ce tour d’horizon, je ne pouvais pas laisser de côté les fameux nudges, innovation d’ingénierie comportementale qui a valu à l’un de ses promoteurs, le professeur Richard Thaler, le prix Nobel d’économie 2017 (plus de détails sur l’économie comportementale ici). Les nudges (littéralement « coups de pouce ») sont des procédures ou des dispositifs, la plupart du temps visuels, destinés à court-circuiter les biais cognitifs dont notre cerveau fait preuve, afin de nous pousser à prendre des décisions plus en phase avec notre intérêt ou l’intérêt collectif. Quels sont ces biais cognitifs ? Ils sont nombreux et influencent nos décisions au quotidien (voir une liste exhaustive ici). Par exemple, le biais de disponibilité vous poussera vers une marque en particulier car sa publicité rendra son souvenir plus facilement accessible par votre cerveau (À qui penseriez-vous en cas de problème avec votre pare-brise ?).

 

Le biais de conformité vous pousse par exemple plus favorablement à adopter un comportement si vos voisins l’adoptent eux-mêmes en majorité. Un nudge peut ainsi être créé en mettant en avant des normes sociales, c’est-à-dire vous informer sur un comportement vertueux largement adopté par la majorité, pour activer ce biais et vous pousser à vous conformer à ce comportement.

 

 

Les nudges ont prouvé leur efficacité appliqués aux politiques d’économie d’énergie (éteindre les lumières et les ordinateurs), au triage des déchets, à l’accès facilité des citoyens aux services administratifs, à l’utilisation des outils digitaux, etc… Beaucoup de ces nudges reposant sur la communication, ils deviennent un outil essentiel de l’innovation publique destiné à promouvoir des comportements citoyens en phase avec les politiques mises en place par les décideurs.

 

Marketing, gestion des ressources humaines, management, santé, innovation publique…, les sciences comportementales prennent une place importante dans le lot des techniques innovantes destinées à répondre aux problématiques concrètes de notre époque.

 

 

————————————–

À PROPOS DE L’AUTEUR :

 

Dr. Morgan DAVID   

Ancien chercheur et spécialiste des sciences comportementales, Morgan DAVID a fondé et dirige le cabinet ANALYTICA en France et au Royaume-Uni. ANALYTICA propose de rendre le savoir et les techniques liées au sciences comportementales accessibles pour répondre aux problématiques concrètes des entreprises et organisations. ANALYTICA utilise la manière dont fonctionne notre cerveau afin de proposer de meilleurs produits et services dans différents domaines tels que le marketing, la santé, le management, l’innovation publique, etc…

 

Le magazine Écodocs 21 présente Analytica et son évènement « 60′ pour démystifier »

Écodocs 21, hebdomadaire de l’actualité économique et légale en Côte d’Or, consacre un article au « 60′ pour démystifier » organisé en février par Analytica sur le thème : « Agir sur les comportements : un allié incontournable de votre stratégie ».

À découvrir ci-dessous (cliquez pour agrandir) :

Article d’Écodocs

 

 

 

 

Animation d’un « 60′ pour démystifier » : « Agir sur les comportements : un allié incontournable de votre stratégie »

 

Le 111ème « 60′ pour démystifier » du MEDEF sera animé par Morgan David du cabinet Analytica à la Maison des Entreprises de Dijon le 7 février 2017 à 8h30.

 

THÈME : « AGIR SUR LES COMPORTEMENTS : UN ALLIÉ INCONTOURNABLE DE VOTRE STRATÉGIE »

 

Infos & inscriptions ici :

http://www.medef21.fr/60′-pour-demystifier-n111-agir-sur-les-comportements-un-allie-incontournable-de-votre-strategie.html

 

 

 

[BLOG] Les sportifs se mettent au vert

On ne compte désormais plus les campagnes de publicité nous vantant les mérites et bienfaits d’une alimentation saine, riche en fruits et légumes, afin de contrer les effets négatifs de l’obésité, du diabète et autres maladies cardio-vasculaires. En plus d’opérer une tentative d’influence de nos opinions et attitudes envers une consommation raisonnable et raisonnée, sommes-nous également encouragés à changer nos comportements. S’il reste peu de doutes que tout un chacun soit désormais convaincu qu’à la choucroute garnie on préfère une salade composée de légumes variés, ou qu’une salade de fruits soit plus salutaire que le dessert à la crème au beurre de Mamie Gâteaux, ces convictions affectent-elles réellement notre comportement lorsque le doux moment sucré du dessert, parfumé de l’odeur ambiante de café, nous tend ses bras ? Cette question du lien entre les idées, les attitudes et les comportements est une thématique majeure de la psychologie sociale. Et il va sans dire que les conséquences de ces recherches peuvent avoir un impact fondamental sur la façon dont sont abordées les politiques de santé publique comme la promotion d’une alimentation saine, décrite plus haut. Dans un souci d’application des connaissances scientifiques à des questions on ne peut plus pragmatiques, le milieu académique s’est ainsi penché sur la possibilité de stimuler et d’augmenter réellement la consommation de produits sains chez monsieur Tout-le-monde. Et quelle meilleure opportunité d’appliquer des connaissances scientifiques sur monsieur Tout-le-monde que de le faire, sans offense aucune, sur des joueurs amateurs de football et rugby, ainsi que leurs supporters ? C’est effectivement sur la communauté sportive amateur qu’a porté l’étude australienne que je vous présente aujourd’hui.

Cette étude, dirigée par le Professeur Luke Wolfenden de l’Université de Newcastle en Australie, et publiée en 2015 dans International Journal of Behavioral Nutrition, teste de manière expérimentale un programme de promotion des fruits et légumes et des boissons non-sucrées au sein des club-house (ou buvette) de clubs de football, rugby, football australien, etc… En sciences, l’approche expérimentale consiste à mesurer une variable, telle que la consommation de fruits et légumes, dans un groupe auquel on appliquera une politique de prévention ou une action particulière dont on pense qu’elle favorisera effectivement cette consommation (le groupe « expérimental »). En parallèle, la même variable sera mesurée dans un autre groupe qui n’aura fait l’objet d’aucune action particulière (le groupe « contrôle »), et comparée aux valeurs obtenues dans la condition expérimentale. La force de l’approche expérimentale réside ainsi dans l’identification sans ambiguïté de l’influence de l’action conduite dans la condition expérimentale sur la variable mesurée. Appliquée à notre exemple, l’étude déterminera si le programme de promotion des fruits et légumes et des boissons non-sucrées peut être tenu comme seule responsable d’une augmentation de la consommation desdits produits. Wolfenden et ses collaborateurs ont ainsi travaillé avec 85 clubs sportifs. Quarante-trois clubs composaient le groupe « contrôle », et 42 le groupe « expérimental ». Au sein de ce dernier, le programme de promotion des fruits et légumes et autres boissons non-sucrées consistait en ceci : les clubs devaient améliorer la disponibilité de fruits et légumes et de boissons non-sucrées proposés à la vente dans leur point de restauration et les disposer dans les étages supérieurs des présentoirs, c’est-à-dire bien en vue. Aussi, ces produits devaient être proposés à des prix compétitifs par rapport au reste de la marchandise, être signalés ostensiblement via des affichettes et faire l’objet de packages (par exemples fruit + sandwich + eau) à prix réduits. Enfin, la direction du club devait s’engager à rédiger une charte décrivant l’action du club en faveur de la promotion de la consommation de produits sains, et les membres du club se voyaient distribuer des brochures vantant les bienfaits de cette consommation. Au sein des clubs du groupe « contrôle », aucune intervention de la sorte n’était pratiquée. Cette politique et ces actions de promotion des fruits et légumes et de boissons non-sucrées ont elles eu un effet sur la consommation réelle des membres des clubs ? Effectivement, la différence entre le groupe « expérimental » et le groupe « contrôle » au niveau de l’augmentation de la proportion de membres du club achetant ces produits au cours de la campagne de promotion fut significative. Autrement dit, le pourcentage de membres des clubs « expérimentaux » achetant des fruits et légumes augmenta de 7.1% à 18.5% et de 35.6% à 49% pour les boissons non-sucrées. L’augmentation était beaucoup plus limitée chez les membres de clubs du groupe « contrôle » (respectivement 7.9% à 9%, et 38.7% à 41.3%). Aussi modeste que cette augmentation puisse paraître dans le groupe « expérimental », on rappellera tout de même, afin d’apprécier ces résultats à leur juste valeur, à quel point l’appel d’un snack aussi futile que calorique ou d’une boisson aussi désaltérante que sucrée est séduisant pour un sportif amateur en hypoglycémie ! En plus de l’efficacité indiscutable de la campagne de promotion sur les comportements individuels, il est à noter que le chiffre d’affaire issu de la restauration des clubs des groupes « contrôle » et « expérimental » n’étaient pas différents à la fin de la campagne. Les clubs promouvant la consommation de fruits et légumes et de boissons non-sucrées n’en ont donc aucunement fait les frais sur le plan comptable. Ceci est un argument de poids pouvant être opposé au manque de volonté de la promotion de produits sains qui serait justifié par des raisons économiques.

En conclusion, cette étude, à la frontière de la psychologie sociale et de la psychologie du consommateur, a démontré de manière expérimentale comment une campagne de promotion de produits sains pouvait affecter la consommation réelle de fruits, légumes et autres boissons non-sucrées. En résumé, la campagne a consisté en une intervention ambitieuse reposant sur deux facteurs-clés : 1) la disponibilité et la mise en valeur effective de ces produits sains « alternatifs », et 2) leur vente à un tarif compétitif par rapport aux autres produits. D’aucuns verront dans ces conclusions des applications potentielles à une plus large échelle aux frontières de la volonté politique. Enfin, les spécialistes de psychologie sociale objecteront que la problématique de cette étude aurait pu faire l’objet d’un traitement via des procédures de communication engageante. Si quelques aspects de l’intervention de Wolfenden et ses collaborateurs, tel que l’engagement de la direction des clubs du groupe « expérimental » à rédiger une charte, s’en rapprochent ; il est évident que cette perspective n’a pas été entièrement envisagée ou adoptée par les auteurs. Il est même imaginable que des actes préparatoires de type « pied-dans-la-porte » aient été aussi voire plus efficace pour une intervention moins coûteuse en temps et procédures, et peut-être même un investissement initial nul de la part des clubs du groupe « expérimental » ; mais cela fera l’objet d’un prochain post… !

 

Référence : Wolfenden et al. (2015) Improving availability, promotion and purchase of fruit and vegetable and non sugar-sweetened drink products at community sporting clubs : a randomised trial. International Journal of Behavioral Nutrition 12:35.

 

————————————–

À PROPOS DE L’AUTEUR :

 

Dr. Morgan DAVID   

Ancien chercheur et spécialiste des sciences comportementales, Morgan DAVID a fondé et dirige le cabinet ANALYTICA en France et au Royaume-Uni. ANALYTICA propose de rendre le savoir et les techniques liées au sciences comportementales accessibles pour répondre aux problématiques concrètes des entreprises et organisations. ANALYTICA utilise la manière dont fonctionne notre cerveau afin de proposer de meilleurs produits et services dans différents domaines tels que le marketing, la santé, le management, l’innovation publique, etc…