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[ACTU] Psychologie, sport & JO : les athlètes français ont-ils le mental ?

 

La question de la préparation mentale des athlètes s’est invitée à la table des JO de Rio. Si l’apport de la psychologie à la performance sportive devient indispensable, se diriger vers des personnes compétentes et des méthodes efficaces et éprouvées relève d’un autre challenge…

 

Une fois n’est pas coutume, c’est de sport dont nous allons parler aujourd’hui dans le blog Analytica. Les articles postés précédemment sur ce sujet tenaient à l’application de techniques de psychologie afin d’accroître les performances sportives individuelles [ici] ou collectives [ici]. Une autre application de la psychologie réside dans la préparation mentale et la gestion du stress. En termes moins galvaudés, il s’agit d’apprendre à conserver ses performances en situation compétitive. Le sujet est arrivé, assez soudainement, sur la table des commentaires journalistiques alors que les médailles françaises tardaient à scintiller au cou de nos athlètes aux JO de Rio. Pire, dans une telle situation, point de salut pour la breloque argentée. Ne serait-elle d’ailleurs pas le simple reflet que nos sportifs craquent à la dernière marche de leur compétition lorsque que la pression se fait la plus forte ?

 

drapeau olympiqueChaque athlète porte, tel un fardeau, un pronostic de médaille dès le début des olympiades qui ne se vérifie pas systématiquement. Bien sûr, la possibilité que la maigre récolte de médailles françaises de la première semaine des JO ne soit que le résultat d’un processus aléatoire menant à une moyenne de podiums pourtant régulière n’est jamais bien envisagée par le monde médiatique. C’est occulté par là-même le principe de régression à la moyenne. Ce principe, brillamment expliqué par Leonard Mlodinow dans son livre « The Drunkard’s walk » ou par Ben Goldacre dans « Bad science », prédit que des performances, après avoir culminées et érigé un ou des athlètes au sommet, ont statistiquement plus de chances de diminuer. La bonne nouvelle est que l’inverse est également valide. Après avoir souffert de contre-performances, des athlètes ont statistiquement et par un simple hasard une probabilité plus forte de voir la réussite revenir. Bonne nouvelle pour nos athlètes français donc ! Le hasard devrait être pourvoyeur de médailles en cette deuxième semaine de JO !

 

« Le plus douloureux pour un athlète n’est pas nécessairement d’échouer […]. Le plus douloureux est sûrement de se dire que l’on n’a pas tout fait pour être au niveau. […] Alors de là à dire que ne pas s’entraîner mentalement est une faute professionnelle, il n’y a qu’un pas. »

 

La complainte et le débat médiatique de ces débuts de JO ont eu le mérite de lancer sur la table la question de la gestion mentale et de la pression de la compétition chez nos athlètes français. Un traitement sérieux du sujet se faisant aussi rare qu’une défaite sur le tatami des 133 kilos de Teddy Riner, je souhaitais partager un article publié par deux spécialistes de la psychologie du sport, Olivier Leprêtre et Anthony Mette, dans le Huffington Post, et auxquels j’ai honteusement emprunté le titre de l’article. Celui-ci est consultable à cette adresse :

 

http://www.huffingtonpost.fr/olivier-lepretre/mental-francais-rio_b_11426114.html#

 

Dans cet article, les auteurs insistent sur le manque de recours aux aspects psychologiques de la pratique de sport à haut niveau chez les athlètes en particulier, et les fédérations en général. Ils dénoncent ainsi le retard qui a pu être pris par la France dans ce domaine par rapport à d’autres nations. Enfin, les auteurs promeuvent le recours à une approche objective et éprouvée des techniques psychologiques appliquées au sport, loin des logiques fallacieuses et clinquantes des PNL et consorts (ici un exemple magistral sur une chaîne publique financée par vos sous, et ici son classement dans la liste des dérives psychologisantes sectaires par la MIVILUDES…). En effet, la littérature scientifique regorge d’études scientifiques appliquées sérieuses, développées par des psychologues universitaires spécialistes du sport et qui ont pour but d’identifier des techniques et moyens efficaces pour gérer et accroître les performances des athlètes.

 

Je terminerai ce post en citant Olivier Leprêtre et Anthony Mette, les auteurs de l’article évoqué ci-dessus : « Le plus douloureux pour un athlète, ce n’est pas nécessairement d’échouer au pied du podium, car on peut toujours tomber sur meilleur que soi. Le plus douloureux est sûrement de se dire que l’on n’a pas tout fait pour être au niveau. Que l’on était trop stressé ou pas assez concentré le jour J. Alors de là à dire que ne pas s’entraîner mentalement est une faute professionnelle, il n’y a qu’un pas. »